02 mars 2013

les réparations du palissage

 

mains et fil

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La vérification et l'entretien du palissage se fait après le sarmentage qui a dégagé des fils tous les sarments inutiles, et avant l'attachage sur le fil porteur. Un premier passage est d’abord effectué tous les deux rangs. La solidité de chaque piquet est contrôlée. Pour vérifier on secoue leur tête. Qu’il soit déjà cassé ou qu’il cède à la pression, il faut déclouer le piquet à remplacer pour le caler de biais en travers du rang, il est ainsi repéré de loin par l'ouvrier lors du second passage.

 réparations

 

matériel pour réparer (fil, clous, marteau et pince) et piquets usés

 

Les fils rompus sont raboutés. Si la réparation n’est pas trop loin du bout de rang et qu’il y a de la marge (si le fil est enroulé plusieurs fois autour du piquet d'embout) le fil est détaché de ce piquet pour récupérer un peu de longueur, on répare et on rattache. Sans quoi on rapièce avec une petite longueur de fil. Il existe aujourd’hui des petites pièces métalliques, les “gripples”, qui permettent une réparationrapide, il sont aussi utilisés en bout de rang pour retendre les fils. Les crampillons et clous manquants sur les piquets sont remplacés. L’arrimage du piquet de tête est à vérifier également. Quoique très solide, quand il est accroché par le tracteur, soit le fil rompt, soit l’amarre est arrachée du sol.

raponce

raponce

 

Au second passage il faut replanter à la masse les nouveaux piquets. La pointe de l’ancien piquet restée fichée en terre est tant que possible retirée avant, on aura moins à forcer. La partie enterrée est égale à environ un tiers de la partie visible. Les fils trop usés et cassants au pliage seront totalement remplacés avec l’aide d’un dérouleur sur lequel est posé une bobine de fil de 25 kilos. Enfin tous les fils de baguette sont retendus fermement en vue de l’attachage.

On a besoin pour réparer les fils d’une pince et de quelques mètres de fils enroulés sur l’épaule pour les raccords ; de clous et de crampillons avec une tenaille et un marteau pour regarnir les piquets ; d’une masse pour replanter les piquets neufs. Les femmes sont exemptées du maniement de la masse. Des gars costauds plantent les piquets neufs. La tâche n’en est pas moins exténuante, particulièrement sur un sol caillouteux.

 

clous-gripple

clous, crampillons et gripple

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10 février 2013

la taille

taille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si la vigne a été préalablement démontée, à la mi-février il ne reste sur le cep que les deux branches pour la taille guyot.

Le courson - la branche la plus basse - est raccourci à deux yeux (ou bourgeons). Ils donneront le courson et la baguette de l’année suivante.

La baguette est taillée longue, de sorte qu'il y reste de six à huit yeux. Si on ne doit pas laisser plus de six branches maximum pousser sur la baguette, on peut néanmoins tailler plus long et rectifier à l’ébourgeonnage, pour espacer les pampres et ne laisser que les mieux orientés. Elle est aussi "nettoyée", c'est à dire débarrassée des vrilles et des entre-coeurs, sans faire de zèle en les coupant trop ras au risque de supprimer les bourgeon latents.

Les jeunes plants gardent, selon leur âge, un ou deux coursons de deux yeux. Les vignes les plus jeunes sont souvent entièrement taillées puis sarmentées à cette période de l'année.

La taille d’une vigne préalablement démontée est rapide - trois semaines pour trois hectares et demie - et peu fatigante. Toute l’attention se porte sur la bonne longueur de baguette qu'il faut évaluer en un coup d’oeil. Avec l’habitude on sait tout de suite où couper, et il n'y a que le débutant pour compter systématiquement les yeux. Si le sécateur à main à poignée tournante est plus précis, son utilisation intense occasionne crampes et tendinites. Le sécateur électrique à l'avantage d'éviter ces pathologies.

 

affutage

Affutage du sécateur à main. À droite, cep taillé en guyot simple

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19 janvier 2013

gel d'hiver

aube

 

Le gel d'hiver est relativement rare, la vigne en repos hivernal supportant plutôt bien le froid, mais si les températures descendent en dessous de - 15°C  à - 18°C, la souche sera détruite.

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13 novembre 2012

le sarmentage

sarmentage

 

Une fois le démontage terminé, la vigne est à débarrasser du bois devenu inutile. Sarmenter ou tirer les sarments, c’est dégager des fils et ramasser tous les rameaux coupés. Ils peuvent être soit :

- déposés dans un rang pour être broyés,

- brûlés au fur et à mesure dans une brouette qu'on traîne derrière soi,

- ou encore placés en tas qui seront sortis manuellement pour être brûlés en bout du rang (dans les vignes fortement pentues par exemple où la brouette serait trop dure à tirer, ou si les rangs sont très courts, ou si la vigne est difficilement accessible).

Les sarments destinés à être broyés sont rangés en andains tous les quatre rangs : on sarmente deux rangs de chaque coté et on dépose au milieu. Il faut les resserrer tant que possible au milieu du rang pour que le tracteur prenne tout sous son broyeur. Haché menu et restitué à la terre, le bois nourrit la vigne et l'économie en engrais n'est pas négligeable.

 

rang de broyage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le sarmentage demande beaucoup d'énergie. Les entrecoeurs s’imbriquent entre eux, les vrilles agrippées aux fils sont devenues bois et peuvent retenir les branches très solidement. L’usage du sécateur à main pour les dégager ferait perdre du temps, on préfère le plus souvent utiliser sa force (sauf pour les vrilles vraiment trop récalcitrantes, agrippées à de vieux fils rouillés qui lâcheraient avant elles). 

 

sarmenteuse

À droite ouvrière viticole au travail. À gauche, cep en guyot sarmenté

 

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12 novembre 2012

le brûlage

brouette allumée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand un domaine vigneron pratique le brûlage des sarments, il utilise le plus souvent la traditionnelle brouette à sarments, un brasero transporté avec soi dans les rangs et où sont jetées les branches au fur et à mesure du sarmentage. Elle est fabriquée avec une roue de vélo, une armature de tuyaux de fer sur laquelle on couche un gros fut métallique. Le tonneau a été fendu sur la longueur puis ouvert et percé de trous à l’opposé pour le tirage et l’évacuation des cendres. Elles ne se valent pas toutes. Elles brûlent mieux avec des “fenêtres” sur les cotés pour donner l'air qui attisera le feu et le poids peut varier fortement selon les matériaux de l’armature.

Pour brûler il faut : - de quoi allumer la brouette : papier journal, carton et petit bois et briquet (un bidon d'huile de vidange ou d'essence n’est pas indispensable mais peut aider à démarrer le feu, surtout par temps couvert. - des vêtements adaptés qu'on ne regrettera pas de jeter en fin de saison, en évitant les “polaires” bien chaudes mais à base de plastique qui fondent au feu.

pour bruler

 

 

 

 

 

matériel pour brûler

 

 

 

 

Transporter avec soi un foyer est appréciable et plaisant par grand froid. Le feu est vivant, chaud bien sûr, changeant aussi, c’est un partenaire avec lequel le tâcheron compose. Le brûlage avec une brouette a aussi quelques inconvénients : Dans les vignes à fort dénivelé, la tirer peut devenir très sportif, idem sur un terrain détrempé par la pluie où elle va s'embourber. Par temps dégagé le bois flambe sans problème mais le feu aura tendance à s'éteindre à la moindre pause. À contrario, par temps de brouillard, le feu a du mal à suivre l'ouvrier dont les nerfs sont mis à rude épreuve quand il doit traîner une brouette archi pleine et attendre sans cesse que les sarments veuillent bien se consumer. Gare au retour de flamme qui cramera les cils, sourcils et cheveux, au gant qui reste accroché à un sarment quand on le dépose dans le brasier, à la petite torture de la braise incandescente qui s’accroche à la botte en caoutchouc et la consume jusqu’au pied.

samentage aleas

 

 

 

 

 

 

            temps venteux                                         temps de brouillard                                       retour de flamme

 

L'odeur du sarment brûlé, bien connue dans les villages bourguignons, est caractéristique et très forte. Aux premières flammes elle imprègne les cheveux, tous les vêtements, et résiste aux lavages.

retour

 

 

 

 

 

 

On peut regretter tout ce bois partant inutilement en fumée. Il semblerait qu’il y aie quelques tentatives de valorisation du sarment pour le chauffage mais elles restent anecdotiques.

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10 novembre 2012

le buttage

Avant l'arrivée du froid, la terre est labourée et ramenée contre les ceps pour les protéger du gel hivernal. Le buttage permet également d'aérer la terre et d'ensevelir les mauvaises herbes.

buttage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au printemps, les vignes sont débuttées.

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13 octobre 2012

novembre

automne

fin de journée sur la côte début novembre

Les bourgeons de la vigne sont en dormance et le resteront toute la mauvaise saison, les travaux d’hiver vont pouvoir commencer.

dormance

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12 octobre 2012

les travaux d'hiver

brouette

brouette à sarment

 

Les ceps ne reprendront pas leur activité avant mars et se laissent tranquillement travailler. Les contraintes naturelles liées aux travaux d’hiver sont plutôt d’ordre météorologique : La vigne en repos hivernal supporte bien le froid (jusqu'à -18°C) mais le mauvais temps peut freiner le tâcheron : un givre important ou de la neige couvrant les sarments gêne l'appréciation du démontage, même si un petit coup de botte contre le cep suffit souvent à dégager la vue ; un sol enneigé masque les branches tombées à terre et donne un sarmentage bâclé ; on évite de tailler quand les températures descendent trop en dessous de zéro et la pluie a tendance à favoriser la propagation des maladies, etc...

La rudesse des travaux d’hiver est compensée par des journées de travail relativement courtes. Il ne fait guère jour avant huit heures au solstice d'hiver et à dix-sept heures, pour peu que le ciel soit obscurci de nuages, on n'y voit déjà plus. Les vignes ne sont (heureusement) pas encore équipées de lampadaires.

 

cep enneigé

L’année débute avec le démontage, ou taille préparatoire, après la chute des feuilles. Auparavant certains vignerons auront prétaillé leurs vignes.

 

 

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11 octobre 2012

le prétaillage

Le prétaillage se fait avec un tracteur muni de lames rotatives qui découpent en petits bouts les sarments sur toute la longueur du rang. Elles ne laissent que le bois nécessaire à la taille, suffisamment haut pour la taille guyot, plus bas dans le cas d’une taille courte. Le sarmentage est facilité si la vigne est prétaillée. L'investissement dans une prétailleuse étant important pour un emploi de courte durée, les vignerons s'équipent souvent à plusieurs.

prétaillage

prétaillage sur vigne haute taillée en cordon de royat

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10 octobre 2012

le démontage

La taille est une des étapes les plus importante dans l’entretien de la vigne. Elle détermine le rendement final. Son but est de limiter l’allongement du cep et de maîtriser la production pour améliorer la qualité du raisin.

 

vignes novembre

vignes hautes et basses en novembre

 

En principe les vignerons préfèrent tailler le plus tard possible, en sève montante : “Taille tôt, taille tard, rien ne vaut la taille de mars” est un de leurs dictons les plus connus. En cas de taille dès novembre, le départ de la végétation (appelé débourrement) est plus précoce, la vigne est plus sensible aux gelées de printemps et à certaines maladies ; d'un autre coté, la vendange se fait plus tôt et profite d'un temps plus clément. Mais la besogne prend du temps : la taille (de même que le sarmentage, les réparations et l’attachage qui viennent après) doit être terminée avant la sortie des bourgeons qui sont très fragiles au début de leur croissance et supportent mal d'être bousculés. Alors on opte souvent pour une taille préparatoire, appelée démontage (ou émondage, ou taille d’hiver) et effectuée dès novembre. Tous les bois non nécessaires à la taille définitive sont éliminés et il ne restent sur le cep que deux branches, les futurs courson et baguette. On ne touche pas non plus aux plus jeunes pieds. La taille définitive en février/mars sera alors rapide. Les sarments coupés sont "tirés", puis broyés ou brûlés entre temps. Certains domaines choisissent plus simplement de tailler complètement leurs vignes en une fois dès novembre.

 

demontage

cep en guyot simple avant et après démontage

 

La taille Guyot est un des systèmes de taille les plus répandus de Côte d’Or. C’est une taille longue consistant à laisser sur le cep une baguette et un courson. La baguette portera de quatre à six bourgeons (ou "yeux"), le courson en aura deux. Chaque pied de vigne étant différent, un diagnostic suivi d'une décision précèdent chaque premier coup de lame. Avec l'expérience, c'est fait en quelques secondes : un cep démonté, le suivant est jaugé le temps de faire les deux enjambées qui les sépare. Le tout est bien choisir les branches à garder.

 

Le rôle du courson : les bourgeons de l’extrémité de la branche poussent plus rapidement et donnent les plus belles branches : c'est le phénomène d’acrotonie. Tailler un courson où n'en pousseront que deux permet en principe d’obtenir deux beaux sarments pour la taille de l’année suivante. Les gourmands oubliés à l’ébourgeonnage sont coupés le plus ras possible pour éviter des repousses au printemps. Les tronçons de bois de plus de 2 ans, susceptibles d'être vecteurs de maladies, sont ramassés aussitôt pour être sortis de la vigne et brûlés, les plaies sont enduites de mastic souple à cicatriser. Le démontage prend un mois si le temps est accommodant.

 

vigne neige

vigne démontée sous la neige

 

 

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